Draw - Draw

01 décembre 2016

Boucher les abeilles

A l'origine de l'imprimerie, la plupart des ateliers typographiques, soit possédaient
le matériel nécessaire pour fondre leurs propres polices de caractères, soit ils louaient
les matrices permettant d'effectuer ce travail, soit ils embauchaient un graveur de poinçons
qui créait alors des caractères sur mesure. Nicolas Jenson dessine ainsi un très élégant
caractère grec.

Mais très vite, l'industrie du "livre mécanique" (en opposition au désormais obsolète
"livre manuscrit") s'organise et se spécialise, dans le but, bien sûr, d'accélerer sa
capacité de production.

Au XVIIIème siècle, la taille des caractères se normalise et se comptent en points Didots,
du nom de leur inventeur. Aujourd'hui encore, dans les traitements de texte, on utilise
des points, certes différents, mais le principe et le vocabulaire reste les même ; on parlede "Cooper black" ou de "Times" de corps 12 ou 24 (points).
Autrefois, lorsqu'on pouvait se permettre un peu de poésie, les corps portaient des noms.
Il y avait le Comma (corps 2, sic !), le Diamant (corps 3) l'Agate (corps 5), la Mignonne,
la Parisienne ou la Gaillarde, sans parler du Canon et du Cicéro.

S'il y a deux grandes familles d'imprimeries qui se forment, celle du labeur (l'édition) et de la
presse (journaux), les deux s'alimentent en caractères aux mêmes sources : les fonderies
de caractères.

Dans les années 1950, et bien qu'une part grandissante des textes imprimés provienne
de la "composition chaude", c'est à dire non plus composés à la main par des ouvriers
compositeurs (des "singes", en opposition aux "ours", qui conduisaient les presses) mais
issue de machines automatiques moulant directement le plomb chaud dans des matrices,
comme la Linotype, mise au point en 1884 par Mergenthaler à Baltimore, puis la Monotype,
plus complexe encore et prélude à la photo-composition, il existait des fabriquants et des
revendeurs de polices de caractères en plomb et en bois.

Longue phrase, pas vrai ?

On nommera, à titre d'exemple et parce qu'ils se tiraient la bourre, les Marseillais de la
fonderie Olive (créateurs, entre autre, et grâce au talent de Roger Excoffon) du Vendôme,
du Mistral, de l'Olive, de l'Antique, de la Banco et de la Choc) et les parisiens Deberny & Peignot,
qui proposait le Peignot, l'Europe, la Caravelle et l'Etoile, la Président ou la Nicolas Cochin...

Pour présenter leur catalogue à leurs clients imprimeurs, les fonderies éditaient des "spécimens",
parmi lesquels on pouvait choisir et commander, au poids, les polices nécéssaires à l'exécution
d'un travail précis.

Cette longue introduction pédagogique n'est là, en réalité, que pour m'aider à vous présenter
de nouvelles affiches réalisées dans les ateliers Draw-Draw.

Le soucis des fonderies était de présenter des textes les plus neutres possibles, ou en tout cas
les plus vides de sens, pour ne pas gêner le choix de leurs clients. Elles avaient donc pris pour
habitude d'imprimer des extraits issus de livres, parfois religieux, parfois techniques,
parfois provenant d'une feuille de chou locale, mais le plus souvent on alignait des mots sans
rapport les uns avec les autres.

Il ne s'agit pas de pangramme, ces phrases comprenant toutes les lettres de l'alphabet ( le fameux
"portez ce vieux whisky au juge blond qui fume" ), et on est plutôt proche de l'écriture automatique
surréaliste ou de la liste de course d'Hugo Ball.

Les affiches suivantes sont donc inspirées des pages d'un catalogue Deberny & Peignot, et sont
composées de caractères bois provenant de ce qui reste de l'ancienne imprimerie parisienne
de L'UNION, autrefois imprimerie Hardy, dont le descendant possède une collection de caractères
en bois tout à fait impressionnante...

boucher-les-abeilles

boucher-detail

fleur-de-jardin

plumes-d-oies

vol-du-bourdon

fig-2a

fig-2c

 

Bon, celle-ci a été composée grâce à ce fameux doigt typographique
offert cet été par l'ami Alain de Mens. Merci mon ami ;)
On notera au passage que le signe ressemblant à un flocon
de neige fait aussi partie du catalogue Deberny...

plus-ou-moinsw

J'ai trouvé les anciens noms des corps de caractères dans le très bon livre "Chier dans le cassetin aux apostrophes" de
David Alliot, 1000ème titre des éditions Horay.

 

On pourra se procurer l'une de ces (rares) affiches en venant flâner au GMOU (grand magasin d'objets uniques)
du Quai de Pont de Barret les 3 & 4 décembre prochain.


29 novembre 2016

Se souvenir des bêtes choses

Les problèmes posés par la conservation des données ne sont pas
choses nouvelles.

De tout temps, l'homme a voulu laisser une trace qu'il espérait
la plus éternelle possible. Mais conserver et protéger sont
deux choses différentes et il est vite advenu que certains voulaient
conserver des savoirs à l'abris des regards indiscrets.
Très vite, le mot de passe et le code secret sont apparus.
Ce que ne raconte pas l'histoire d'Ali Baba, par exemple, c'est qu'il
avait en tête un grand nombre de codes secrets, et que celui de la grotte
des 40 voleurs n'était pas le plus compliqué à retenir.

Les industries de Namur, qui avaient déjà mis au point, faut-il s'en souvenir ici,
le carnet de note inusable, se sont bien vite penché sur cet épineux problème.
D'autant plus qu'internet, contrairement à ce que la légende urbaine tente de
nous faire accroire, n'est pas une invention américaine, mais belge bien évidemment:
lassés face à un service de livraison de moules-frites à domicile défaillant,
les ingénieurs du XIXème siècle belge mirent au point un système de commande en ligne :
chaque maison était reliée par une ficelle à une clochette située dans la baraque à frite la plus proche.
Les tenanciers aux doigts gras firent des noeuds entre toutes ces ficelles assez rapidement,
ce qui fait qu'un véritable réseau se mit en place, que les particuliers faisaient sonner
les clochettes d'autres particuliers, et que plus  personnes ne s'y retrouvaient,
et qu'on se faisait livrer une fricadelle sauce samouraï
alors qu'on avait commandé un américain sauce blanche, vous voyez la panique.

Le problème fut résolu à l'occasion de l'exposition universelle de Namur en 1880.
Il fut décidé qu'à chaque maison serait attribué un code sonore, dans un principe proche du morse.
Encore fallait-il s'en souvenir.

Comme à leur habitude, les industries de Namur étaient prêtes à relever ce nouveau défi,
et c'est ainsi que fut créé le MEMENTO DE NAMUR, un objet non seulement simple et ultra non-connecté,
mais surtout complétement sécurisé. Et d'une simplicité d'utilisation proche de la perfection numérique actuelle.

Jugez plutôt...

memento-debout-face

Le format des téléphones portables actuelsa été callibré sur celui du Memento de Namur

memento-couche-face

invention-du-siecle

ouvert

Il fallait y penser bien sur,
et c'est ce qu'ils ont fait.

pave

 

 

 

dos

 

On notera trois choses d'importance :

premièrement, cet objet, ainsi que d'autres inventions De Namur,
seront présentée ce ouikende des 3 & 4 /12/2016
au fabuleux GMOU du Quai
de Pont de Barret.

Deuxièmement, il ne faudrait absolument pas voir,
dans ces inventions de Namur, une
quelconque moquerie vis à vis de nos brillants voisins
d'outre-Quiévrain.

C'est bien au contraire un hommage sincère et respectueux
à leur malice naturelle et leur sens de l'auto-dérision
inconnu de par chez nous autres,
avec nos ancêtres Gaulois...

De trois, on peut commander cet objet indispensable mais nécessaire
pour la modique sommede 7 € (5 € + 2 € de ports).

Contactez nous.

 

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09 novembre 2016

Dans les yeux...

Dans les yeux, elles le contestent !

Cette fois-ci, pas de comment j'ai fais, pas le temps,
mais, hein, vous avez compris le principe.

Et puis, le mieux sera encore de venir voir l'original
à la galerie de l'Echiquier, à partir du 9 décembre,16 rue de l'échiquier, 75010, Paname...

dans-les-yeux-final

"Dans les  yeux elles le contestent !"
linoléum à planche perdue
6 couleurs
format 42 x 30 cm
10 ex. numérotés/signés

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02 novembre 2016

Et ça rigole !

Je sais pas pour vous, mais moi, lycéen, quand j'allais manifester
avec mes amis, c'était quand même essentiellement pour aller tester
les nouveaux flippers des bistrots de la place République (ou Nation).
Et quand ça commençait à barder en fin de cortège, j'étais rarement
loin de l'extra-ball.
Ça m'a donc bien plut de travailler sur cette image où l'on voit deux
copines se marrer au premier plan. En fait, je voulais nommer l'image
"au-dessus", à cause du type en train de prendre une photo du haut
de son abribus, mais au final, ce sont elles qu'il m'amuse de mettre en avant.

Comme d'habitude, un petit tour touristique au pays du lino "à planche perdue",
avec dans l'ordre d'apparition, 7 couleurs (sans compter la réserve blanche du papier) :1 - jaune  2 - rose  3 -  orange clair  4 - orange foncé  5 - marron  6 - bleu  7 - vert

 

Voici la plaque de lino, c'est un A3, le dessin complet est posé au bic. C'est la plaque
vierge, elle n'a encore subit aucun coup de gouge...

lino-jaune

 

Pas de trace du 1er passage jaune, bref, passons au 2ème, un rose pale.

2rose

ci-dessous un petit détail que nous allons suivre au cours de cette visite guidée.

 

rose-detail01

 

Puis, voici un orange, avec lequel je vais poser les ombres des visages et finir l'arrière-plan...

lino-orange

 

Et puis ensuite, paf ! Un autre orange, plus foncé, pour se dégager de l'arrière-plan

3orange-fonce

orange-detail01

L'orange du détail ci-dessus et ci-dessous est le même, c'est mes différents appareils
photos qui ne voient pas les couleurs de la même façon.

orange-detail02

Nous en sommes donc (déjà) à notre 4ème passage.

Suivi d'un marron chocolat avec lequel j'aime bien bosser, on le retrouvera bientôt
dans de prochaines estampes.

4marron

marron-detail01

marron-detail02

 

Il est temps de sortir de nos couleurs automnales, faisons donc entrer le bleu :

A l'origine, c'était principalement pour avoir un coin de ciel bleu au bord de l'image,
mais au final, ça ne se voit pas tant que ça...

 

5bleu

bleu-detail01

bleu-detail02

Et comme il faut bien finir à un moment où un autre, voilà la touche finale, qui est
verte :

lino-vert

La plaque dans son état final, notez que je n'aurais pas pu faire grand chose de plus...

etcarigolefinalW

vert-detail01

vert-detail02

 

Et voilà ; ça s'appelle "Et ça rigole !", l'image est au format 30 x 42 cm, imprimée
sur papier Fabriano 250 g. en 7 passages couleurs, grâce à ma toute nouvelle presse,
la Fag 405, rhaaaaâââ lovely ! Merci Joëlle, je ne comprend pas comment j'ai pu vivre
sans cette merveille technologique !
Il en existe 10 exemplaires numérotés/signés, et cette estampe fait partie d'une dizaine
d'images réalisées pour une exposition qui se tiendra dans la très belle galerie l'Echiquier,
rue de l'Echiquier, Paris 10ème, en bonne compagnie, à partir du 9 décembre, mais on va
en reparler très bientôt.

N'hésitez pas à me laisser des avis et des commentaires, j'y répondrais avec plaisir.

 

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30 septembre 2016

c'est une Manifestampe !

-" Hé bien Manuel, qu'est-ce donc que tout ce raffut, sous nos fenêtre !?
Encore une manifestation ?
- Non sire, c'est une Manifestampe !"

Quels seraient donc les chiffres, selon les forces de l'ordre, si tous les
graveurs descendaient dans la rue ?
Armés de leurs burins, pointes sèches et gouges ?

Et que clameraient-ils, ces farouches adeptes de la manière noire ?

-" Go Ya !"
-" Du Rer !"-" La calotte non, Calot oui !"

go-ya-!

Go-ya-detail-02

Go-ya-detail-03

Go-ya-detail-04

Go-ya-detail-05

Go-ya-detail01

 

Bien sur, il existe une association permettant aux nombreux graveurs de se compter
et de se sentir représenté, et c'est évidemment Manifestampe.

Cette gravure est un hommage, donc. Il s'agit d'une pointe sèche sur rhénalon, son
format est de 30 x 40 cm, imprimé sur papier Fabriano 250 g. et il n'en existe que
10 exemplaires.

Notez bien que quand je dis "graveur", cela inclus aussi les filles, mais j'aime pas trop
"graveuse"...

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28 septembre 2016

Ma Muse

L'amie Françoise Sourd,
qu'on aura souvent croisée en plein Délice Dada,
a eu envie de créer


"après trois année "d'aventures théâtrales"
au Centre hospitalier Sainte Marie de Privas (en Ardèche),
un spectacle pour jouer au coeur des unités psychiatriques
et rendre hommage à ceux qui, dans ces ateliers artistiques,
m'ont si profondément parlé d'humanité."

Ainsi est née "Ma Muse".
Et comme les spectateurs lui demandaient fréquemment le texte de la pièce,
Françoise m'a proposé d'en faire un livret qu'elle pourrait ainsi présenter
après la pièce.

J'en ai donc réalisé la mise en page intérieure, pour le faire imprimer en
numérique, puis j'ai composé et imprimé la couverture, ainsi que la jaquette
sur un chouette papier cristal déniché chez nos ami(e)s de la librairie
"La Balançoire" de Crest, une maison de qualité, s'il en est.

Le tout a été cousu de fil rouge par de petites mains amicales, et il en existe
300 exemplaires.

La preuve en images :

couv

Gravure lino est compo au plomb, en haut un bel "Olive gras". Je ne sais malheureusement
plus si c'est celui trouvé à l'imprimerie de Nyons, ou si c'est un des cadeaux de Didier Hamey...
En bas, du Ramses maigre. J'aime beaucoup le Ramses, une Egyptienne aux empatements fins.

muse-jaune

Comme "Ma Muse" est un personnage invisible, un double théâtral,
les transparences étaient tentantes...

bleu-et-jaune

cousu-rouge

Du Baskerville regular et du fil rouge en intérieur.

dos

Olive gras, encore.

tranche

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08 septembre 2016

La Fag de l'Ombre

Souvent, lorsque des gens visitent mon atelier,
on me demande d'où vient tout le matériel que j'entasse, que je collectionne
et que j'utilise, bien sur.
Caractères, de plomb ou de bois, interlignes, châssis,
typomètres, galées, interlignes, filets, coupoirs, taquoir,
composteurs, chien d'imprimerie, burette à huile,
marbre et meubles de rangements, massicots,
brucelles, spécimens de caractères et bien sur... presses.
Presses à épreuves typographiques, presses taille-douce, de toutes formes et de toutes tailles,
du jouet éducatif Nathan à la presse de 750 kg.
Ce que je répond, c'est que la plupart du temps,
il s'agit d'histoires de rencontres et d'amitiés. Le métier me passionne et ceux qui le pratique
ou qui l'on pratiqué ont toute mon estime.

C'est Catherine Gillet, une amie graveur, qui a donné mes coordonnées à Joëlle Labiche,
dont le compagnon graveur Yves Carreau, venait de rendre les clés.
Son atelier contenait un certain nombre de presses, et Joëlle
voulait dédier la pièce aux travaux d'Yves,
en donnant son matériel à des gens qui pourraient en avoir l'usage.
Il aura fallu l'aide et la gentillesse de Renaud Caillat, de la Manufacture d'Histoires Deux-Ponts,
à Grenoble, qui a bien voulu faire descendre ma future presse
en même temps qu'une très belle et très imposante Stanhope (presse à bras en fonte),
et l'aide de nombreuses personnes ici, à Pont-de-Barret, pour qu'enfin,
je puisse actionner la manivelle de cette splendide presse FAG, modèle control 405.

fag-405-3

fag-405-4

fag-405-5

fag-405-1

Pour la petite histoire, et puisque j'imagine qu'il y a prescription, sachez que le service comptabilité
de la ville d'Orléans avait cédé cette presse à Yves Carreau "sous le manteau",
bien que l'image littéraire soit étrange, 750 kg sous le manteau,
hum, bref, disons que cette presse et une autre, qui logeaient
à l'imprimerie municipale, devaient partir à la casse. Comme elles avaient été largement amorties,
personne n'a vu d'objection au fait qu'elles continuent leur chemin chez Yves & Joëlle....

La seule chose qui me manque, c'est un mode d'emploi en français.

A bon entendeur...

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03 juin 2016

Les indécis

A preuve du contraire, même si certaines manifestations rassemblent
un grand nombre de participants autour d'une même idée, en dehors
de cette commune conviction, il y a de fortes chances que les manifestants
aient des idées tout à fait disparates sur bien d'autres sujets.

Alors pourquoi pas une manif' dont l'idée serait " ben p't'êt ben qu'oui, p't'êt ben qu'non".

Une manifestation normande, quoi...
Ca valait bien 6 passages couleurs. Non ?

lino-gris

Lors de ma dernière gravure, j'ai eu pas mal de problème avec l'encre blanche
que je ne trouvais pas assez couvrante, et que je ne savais pas à quel passage poser.
J'ai donc décidé pour cette fois ci d'utiliser le blanc du papier,
avec un premier passage gris, suffisamment foncé pour créer 2 couleurs : un gris et un blanc.

gris

2-lino-jaune

Vient en deuxième passage un jaune, qui, à cause de cette même encre
blanche pas assez épaisse et le gris d'en-dessous, va vite se transformer
en un vert pâle... Je n'ai pas de photo de cette étape d'impression.

2-lino-jaune-detail

Autant de "jaunes" dans une manif' c'est pas bon signe...

3-lino-marron

Mon plan original était d'imprimer le rose avant le marron, mais je me suis aperçu que l'inverse
me permettrai d'avoir un trait foncé plus fin, nous allons voir ça par la suite...

3-lino-marron-detail

marron-detail

Des fois, j'ai envie de m'arreter là...

marron-detail2

4-lino-rose

rose

là on voit bien que de laisser apparaitre le marron me permet d'avoir un trait beaucoup plus
fin que s'il avait fallu "l'épargner" par dessus.

rose-detail

rose-detail02

 

5-lino-bleu

Bon, le rose était là essentiellement pour les visages : la photo dont je me suis inspiré
(merci Carole ;)) a été prise à Bruxelles cet hiver, et on voit donc que la très grande majorité
des manifestant est de type caucasien, et qu'elle s'habille avec des vêtements foncés.
La même manifestation en Inde m'aurait demandé au moins 300 passages couleurs...

bleu

bleu-detail-02

bleu-detail-03

bleu-detail

J'aurais pu en rester là, on m'a même conseillé de le faire. Mais je voulais dégager certains
éléments du premier plan...

6-lino-vert

Il ne reste vraiment plus grand chose...

les-indecis-detail2

les-indecis-detail3

les-indecis-detail4

 

les-indecis-final

"Les indécis", linoléum à planche perdue, 6 passages couleurs, image : 30 x 45 cm, papier (Fabriano 250 g.) : 35 x 50 cm

20 exemplaires (ou à peu près)
imprimés sur presse à épreuves
numérotés & signés,
juin 2016.

indecis

oui oui, je m'amuse bien avec les gif, merci Guillaume pour l'idée ;)

indecis final

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21 mai 2016

Quel Caractère !

Voici déjà deux ans, j'ai visité le Fablab de Crest (26).
C'est une espèce de caverne d'Ali-geek-Baba où l'on rencontre un tas de machines étranges :
imprimante 3D, découpeuse laser, plotter de découpe,
fraiseuse numérique. On y trouve aussi des gens attirés par ce
genre de technologies et prêt à partager
leurs connaissances en la matière.

Une fois sorti du lieu, et bien qu'interessé par son principe collaboratif,
je ne voyais pas trop comment utiliser tout ça dans ma
pratique quotidienne d'impression typographique.
J'ai donc remisé ces possibilités techniques dans un coin de ma
petite cervelle, et me suis replongé dans le plomb.

De plus en plus, j'ai porté une attention méticuleuse aux dessins
de caractères et à ce qui leur donnait leurs particularités. J'avoue, je
suis tombé légèrement amoureux du "a" bas de casse de l'Helvetica.
J'ai même bien failli m'en faire tatouer un exemplaire, c'est vous dire.
J'en suis arrivé au point, parfois dangereux, où je regardais pendant
trop longtemps les panneaux routiers. Je n'arrivais plus à suivre un film,
passant mon temps à observer la police de caractère utilisée pour les sous-titres.

Plus j'avançais dans ce délire, plus je plongeais dans l'histoire des polices, de leurs
créateurs et des fonderies qui les diffusaient, plus un projet un peu fou
commença à prendre forme à l'endroit même de mon ciboulot où j'avais
remisé le Fablab...

Il m'est apparu que se serait un beau travail de demander à des ami(e)s
graphistes de me dessiner un caractère, et que j'utiliserais une des machines
du Fablab (en l'occurence la fraiseuse numérique) pour graver ce caractère
dans le bois; l'idée me plaisait assez d'utiliser un outil ultra-moderne pour
fabriquer un caractère en bois que j'imprimerais ensuite grâce à une presse
à épreuve typographique, soit la presse la plus archaïque qui soit.

Mais comme tout ça me paraissait un peu simple, il m'a semblé qu'il
serait plus amusant de proposer ce projet à des gens qui n'avaient aucune
idée de ce qu'était un caractère d'imprimerie, et pour qui la typographie pouvait
tout aussi bien être une maladie contagieuse.
Oui, c'était décidé, j'allais travailler avec... des collégiens !

 

J'ai donc monté un dossier présentant l'idée, et l'ai proposé à droite à gauche.
C'est grâce à Nathalie Nuguet, professeur de français au collège-lycée Notre-Dame,
à Mâcon, que ce projet à enfin vu le jour. Nous sommes parti à l'aventure typographique,
avec ses 6ème C, et voici le résultat.

 

Une fois les présentations faites, le premier exercice a été un "Mur du son typographique".
Il s'agissait de faire comprendre aux élèves les principes de base
de l'impression typographique
et ce que sont des caractères en bois

mur-du-son-01

Les participants choisissent les caractères dont ils ont besoin
pour composer un son. Bien sur, un "BOUM" qui prend toute
la page, ce n'est pas la même explosion qu'un petit "boum"
dans un coin de la feuille.

bou

Qson

Qson2

Qson3

Qson4

Ensuite, je leur ai raconté un peu l'histoire de l'écriture, de ses outils,
jusqu'à l'invention de la presse, du caractère individuel...

Qu0

Et puis, il a fallu décider de qui ferait quoi. Nous avions 28 élèves ;
j'ai décidé très démocratiquement (tout seul) qu'en plus des 26 lettres
de l'alphabet, nous aurions une esperluette (&) et un o dans l'e .
En y repensant, on aurait aussi pu faire un arobase (@).
Bon, ce sera pour la prochaine fois.

chacun-sa-lettre

Et puis nous avons donc commencer à réfléchir à notre future police.
Un premier travail, suivant le mur du son, a été de regarder autour de soi.
L'idéal aurait été de se balader en ville et d'observer affiches et enseignes,
mais c'était un peu trop compliqué, alors nous avons fais avec les moyens du bord...

page-de-G

page-de-T

page-de-U

Ensuite, les choses sérieuses ont commencé. Il a fallu, en une journée,
dessiner notre police. Le but était d'avoir une vrai police, et pas un
ensemble dépareillé de caractères. Nous voulions pouvoir imprimer
un abécédaire, pas une lettre anonyme. Allez les enfants, au boulot !

6C-a

6C-et

6C-i

Très vite, le motif de la flèche s'est imposé, et il a ensuite été assez
facile de conduire des groupes de travail en regroupant certains
caractères, comme le p, le q, le b, le d, à côté le a, le o, le u etc.
Je suis reparti en fin de journée avec un alphabet aussi avancé qu'il pouvait
l'être, vu le temps que nous avions eu à notre disposition.
Il me restait à numériser les dessins, les vectoriser pour que la fraiseuse
du fablab puisse les interpreter, et bien sur à demander à Théo de préparer
les planches d'érables dans lesquelles nous allions graver 3 jeux complets de
caractères : le premier pour que chaque élève ait sa lettre, le deuxième serait
vendu lors de l'exposition finale, et le troisième serait incorporé à ma collection
et finirait en mur du son un jour ou l'autre.

chez-theo

 

Enfin, le dernier atelier : imprimer les nouveaux caractères,
et trouver un nom à cette nouvelle police :
ce sera la "Réflé6C" (mélange astucieux de réfléchissez, flèche et 6ème C).

sur-un-plateau2

La voici, toute neuve, unique au monde... et servie sur un plateau !

voici-le-a

voici-le-e

voici-le-g

voici-le-h

voici-le-i

refle6C

La "Réflé6C"

Et pour finir, il fallait montrer au monde ébahi (et surtout aux parents) ce résultat fantastique.

Nous avons donc organisé une exposition à l'étage de la librairie "Le cadran lunaire".

la-classe

presentoir-refle6c

presentoir02-refle6c

boite-finale

Chaque élève repart avec un son caractère mit en boite, et une affiche.

 

Remerciements.

Cette belle aventure, je n'aurais pu la mener seul.
Je tiens donc à remercier, en premier lieu Nathalie Nuguet, sans qui rien
n'aurait été possible. Merci aussi aux autres enseignants qui se sont
impliqués dans ce projet qui touche un grand nombre de discipline, et
merci à la hiérarchie de l'établissement qui a bien voulu nous faire
confiance (mais qui n'a pas encore fini de me payer ;)).

Et bien sur, merci aux élèves : c'était sportif parfois,
mais on s'en est bien sorti, vous pouvez êtrez fier
de votre travail !
Merci aux libraires du Cadran pour leur gentillesse.
Merci à l'équipe technique sans qui la fraiseuse numérique aurait continué
à n'être, à mes yeux qu'un très grand et très beau tas de ferraille :
Merci à David pour sa disponibilité et son humour, et toute l'équipe du Fablab,
merci à Théo pour sa disponibilité et son érable.

Si ce projet vous intéresse, je serais ravi de le développer chez vous.
Il ne s'adresse pas seulement à des collégiens, mais peut s'adapter à toutes
sortes de publics, des associations d'alphabétisations, des maisons de retraites
pourquoi pas, des écoles plus tournées vers le graphisme bien sur...

D'autre part, je suis à la recherche de soutiens financiers, pour pouvoir proposer
ce projet à des structures qui n'en aurait pas forcément les moyens, et je suis
en train d'obtenir un Cerfa permettant aux entreprises de donner de l'argent à
l'association Draw-Draw et de le déclarer en don...

n'hésitez pas à me contacter,
j'ai un dossier de présentation à votre disposition,
que vous pouvez lire en cliquant, en haut à droite de ce blog,
au rayon "Pages", et "Quel caractère !"
A très bientôt j'espère...

Pour toutes questions : drawdraw@outlook.fr

 

 

 

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10 mai 2016

Mon nom est légion

J'ai toujours aimé cette phrase, prononcée, je crois,
par le diable lorsque quelqu'un lui demande son nom
(je m'imagine qu'Il est légion parce qu'un paquet de
monde est en train de rôtir en ses intérieurs).
Et bien sur, lorsque ont fleuri un peu partout les
panneaux "je suis Charlie", que des milliers de gens
semblaient vouloir dire "nous sommes Un", hé bien,
c'est à cette phrase que j'ai immédiatement pensé...

Et à cette image, une pointe sèche sur Rhénalon (plastique)
en attendant la prochaine folie linogravée qui est en cours...

mon-nom-est-legion

mon-nom-est-legion-detail

 

"Mon nom est légion" - pointe sèche sur Rhénalon, format image : 30 x 40 cm sur papier Fabriano Unica 250 g.
35 x 50 cm - 10 exemplaires numérotés / signés

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19 avril 2016

A l'est aussi

"On mange les foules en hors-d'oeuvre,
en entrée ou en garniture."

R. Topor, la cuisine cannibale

Bon, c'est pas vraiment ce que je voulais faire,
mais à force de chipoter et de tourner en rond,
j'y suis arrivé, à battre mon record personnel :
10 couleurs posées successivement sur la même plaque de lino !
Promis, je le ferais plus.

En avant pour la visite guidée, même si toutes les étapes
n'y sont pas, vous en comprendrez l'essentiel, qui est relativement simple :
c'est fini.

Commençons par le commencement, le premier des 10 passages
est jaune, et comme je voulais voir apparaître le blanc du papier,
il y a une première taille :

plaque01w

plaque01detailw

Le dessin est posé au stylo Bic sur la plaque, et il résistera aux nettoyages
successifs...

feuille-jaunew

 

Le passage jaune qui laisse apparaître le blanc du papier, suivi du
passage rose, qui lui, laisse voir le blanc et le jaune

feuille-rosew

(merci pour la photo prise au téléphone hein...)

Ensuite on passe à l'orange, et là je commençais déjà
à me demander où j'allais...

feuille-orangew

feuille-orange-detail2w

feuille-orange-detailw

 

Du coup, un peu effrayé par tout ça, j'ai remis une couche de rose,
puis, en 5ème passage, déjà, du rouge :

feuille-rougew

feuille-rouge-detailw

 

Ensuite, alors là, allons-y, en avant Guingamp, v'là t'y pas qu'on pose
un bon gros marron chocolat, hein :

feuille-maron-02w

feuille-maron-detail-02w

feuille-maron-detail-03w

feuille-maron-detail-04w

 

Par dessus, on passe un petit coup de blanc (7ème passage, quand même)
pour retrouver un peu de cheveux grisonnants...

 

feuille-blanc-02w

feuille-blanc-detail-03w

feuille-blanc-detailw

 

Ensuite ? hé bien, il y eu un 8ème passage bleu, dont je n'ai pas trace,
puis un vert foncé :

feuille-vert-foncew

feuille-vert-fonce-detail02w

feuille-vert-fonce-detailw

 

Et pour finir, parce que, quand même, les meilleurs blagues
sont les plus courtes, un petit vert clair histoire de redonner
un peu de lumière dans cette foule bigarrée

a-l-est-aussi-finalw

a-l-est-final-detail-01

a-l-est-final-detail-02

 

Bon, voilà, tout ça pour ça me direz-vous, je suis d'accord, ou pas,
en fait j'en sais rien, soyez gentils, dites-moi ce que vous en pensez
si vous avez 5 minutes...

En attendant, ça s'intitule
"A l'est aussi",
l'image mesure 26 x 36 cm, il y a  donc 10 passages couleurs
sur un lino à planche perdue,
et il en existe plus ou moins 20 exemplaires,
j'ai pas encore fais le compte, mais avec 10 passages,
c'est sur qu'il y a parfois quelques décalages
qui ne me conviennent pas trop...

 

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05 avril 2016

pour qui sonne le gla-gla

Le charmant village d'Eyzahut a la particularité
de contenir 7 lettres dans son nom,
dont certaines pourraient rapporter gros au Scrabble.
Je ne pense cependant pas que ça ait quoi que se soit
à voir avec le fait que je vais avoir le plaisir d'y présenter
une sélection de mes gravures (linogravures et tailles douces),
dans la charmante chapelle, en face de la mairie.

L'exposition débutera
le dimanche 10 avril à 11h,
dans une ambiance sonore proposée par mon ami Papeduc,
puis sera ouverte tous les après-midi de 14 à 18h,
jusqu'au décrochage
du dimanche 17 avril,
où là, à 17h, ce seront les improvisations de Xavier Charles
qui sonneront le glas, voire le gla-gla,
le fond de l'air étant encore frais pour la saison...

affiche-eyzahut

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21 mars 2016

L'Encyclépodie est de sortie

chapeauweb

 

 Ça n'est pas rien, tout de même, d'éditer une encyclopédie.

Voilà déjà un moment que je me tâtais, que l'envie se faisait plus évidente
de publier plus que mes propres travaux, la plupart du temps en tirages très limités
puisqu'imprimés manuellement sur presse à épreuve typographique.

Encore fallait-il trouver un projet qui puisse me donner suffisamment d'élan
pour oser affronter les nombreuses embûches qui parsèment le chemin de
l'apprenti éditeur.

Faut-il ici continuer à présenter l'"Encyclopédie d'Ouscrapie" ?
Je ne le pense pas, et ce pour plusieurs raisons :
- D'abord, il suffit au lecteur de descendre très légèrement dans les archives de ce blog
pour en voir exposés les principales qualités, formes et principes.

- Ensuite parce que je voudrais plutôt dire un mot sur la façon dont le projet Ouscrape
a été mené. Il faut rendre à César ce qui est à César,
ou plutôt  à Bertrand Boulanger ce qui est à Meu : L'Ouscrapo.

Il s'agit donc d'un jeu littéraire et public, qui a généré une littérature aujourd'hui rassemblée
sous la couverture de l'Encyclépodie. Le travail de collecte a été long, celui du tri et de la ré-écriture
nous a occupé de l'été à l'hivers.
Parallèlement, se posaient les questions de forme. Elles ont été résolues au fur et à mesure,
parfois par soucis esthétiques, souvent par contraintes économiques, voire par bonne occasion.

Le projet de départ proposait l'ensemble des définitions sur un papier bouffant, et les illustrations
sur des cartons, comme les "bons points" de notre enfance (en tout cas de la mienne) qui auraient
été réunis dans une enveloppe collée sur un des rabats de la couverture. Ensuite, alors que le territoire
de l'Ouscrapie se précisait au fil des définitions retenues, l'envie de présenter une carte s'est fait jour.
A l'origine, cette carte devait être imprimée sur le verso d'une jaquette venant en sur-couverture.
La couleur du papier de la couverture, noire, s'est imposé après une rencontre très importante.
Le premier devis proposé par un imprimeur nous avait laissé, Bertrand et moi, un peu hébété.
L'effet positif de ce devis, une fois le choc absorbé, a été de
nous pousser à trouver une solution pour financer l'objet.
Comme beaucoup d'autres personnes en ce moment, nous avons d'abord
pensé à un financement coopératif via internet, une kisskissbanquerie quelconque.
Cependant, la redaction de l'Encyclépodie nous prenait déjà tant d'énergie et de temps
que nous avons vite réalisé que nous n'en aurions pas pour animer cette collecte de fond.
De plus, le nez dans la fabrication d'un objet papier, il nous a paru plus évident
et simple d'avoir recours à une souscription classique : au moins, un chèque
est un chèque, et nous n'aurions ni à fixer d'objectif
ni à reverser quoi que se soit à des gérant de site.
Et puis Nico, le sérigraphe du 102 de Grenoble, qui s'occupe aujourd'hui du "Studio Fluo"
est venu à notre rescousse en proposant son aide et son expertise.
Sans lui, je pense que la date du 1er avril aurait été impensable.
Puisqu'il avait récupéré assez de papier noir d'un grammage conséquent, la couverture
ne nous coûterait que peu, nous en ferions l'impression en sérigraphie, dans son atelier.
On a pensé à des passages argent ou or, mais après avoir trouvé de très belles gravures
représentant le sol lunaire, et sur ses conseils, le blanc s'est imposé naturellement.
Nico nous a ensuite proposé d'imprimer l'intérieur en noir & blanc grâce à son risographe,
mais pour plusieurs bonnes raisons, l'impression s'est finalement faite chez les amis
du "Ravin Bleu", qui nous ont aussi proposé une solution technique
abordable pour imprimer et pré-découper des pages d'autocollants pour les images
en couleurs qui viendraient compléter l'ouvrage.
C'est arrivé au bon moment, parce qu'on en était presque à inclure
de petits bâtons de colle dans chaque exemplaire,
pour faciliter la vie du lecteur qui aurait eu à coller des images non-autocollantes !
s'il est assez facile de faire imprimer des autocollants identiques,
lorsqu'il s'agit de réaliser des planches comprenant 8 motifs différents,
les prix grimpent très vite...
Que ceux qui nous ont offert une image soient encore une fois
vivement remerciés.
Quant au format du livre, 29 x 18 cm, il correspond au nombre d'or. D'ailleurs, les chiffres
7, 3,14 et 42 jouent un rôle important dans la construction du récit et de l'objet.

Il a fallu pas loin de 9 mois pour accoucher de cette Encyclépodie, et nos entourages respectifs
ont eu bien du courage à nous supporter au long de cette longue gestation. Mais bientôt,
au 1er avril, le livre va vivre sa vie, et il ne nous appartiendra plus vraiment.

C'est ce que veulent tous les parents après tout, que leur enfant prenne son indépendance
et qu'il vive sa vie.

 

panneau-ouscrapie

 

 

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01 mars 2016

C I B O U L O T

On ne sait jamais très bien comment commencent les histoires.
Une idée, une envie, une discussion et voilà que tout d'un coup
la pensée devient "quelque chose" se matérialise, existe.
Parfois, souvent, on s'aide d'un crayon et d'un bout de papier qui traîne,
une vieille liste de courses, un mot laissé sur le buffet,
on trace, vite fait, l'ébauche de ce qui sera.

Pour n'importe qui d'autre, ce ne seront rien que quelques traits énigmatiques,
mais pour celui qui les a relié, il y a là une structure, un aide mémoire,
un gribouillage-de-quand-on-est-au-téléphone qui donnera naissance au projet final,
qui pourra être une bibliothèque ronde en chêne massif, une estampe, un bijoux,
une céramique, un raccordement électrique ou l'invasion de la Pologne, va comprendre
ce qui se passe dans la tête des gens.

Fort de ce constat, notre première idée a été de proposer une exposition collective
sur le thème du "brouillon", l'arrière-cuisine de la création si l'on peut dire.

Et très vite, on a eu envie de pousser le bouchon un peu plus loin, et de proposer
un ouiquende venant compléter, enrichir cette première proposition. Nous voulions
donner à un public le plus large possible la possibilité d'apprendre des choses en
écoutant des gens passionnés - et donc passionnant- raconter.
Si ensuite ce public se met lui aussi a discuter de ce qu'il vient d'entendre, alors,
c'est une grande machine qui s'assemble, dont chaque rouage est un cerveau, et
c'est sans doute un peu à ça qu'on aimerait que la vie en société ressemble :
pleins de cerveaux bien alimentés, qui fonctionnent ensemble.

CIBOULOT, c'est à Pont-de-Barret le ouiquende des 19 & 20 mars prochains...

ciboulot-web

 

L'affiche, comme d'habitude, a été réalisée à l'huile de coude,
mais pas seulement, et il y a du monde au générique, voyez plutôt :

Le dessin a été réalisé par Marie Bouchacourt
(qui est à l'origine de cette nouvelle aventure
avec Marianne Castelly et moi-même)

Il s'agit d'une variation sur une illustration tirée d'un beau livre
sur les techniques de communication,
mais nous n'avons pas trouvé le nom du dessinateur original.

Ce dessin a ensuite été numérisé et vectorisé par David Génin,
qui s'est chargé de le graver sur une plaque de linoléum,
non pas manuellement parce que
1 - c'est moi qui fait ce genre de chose par ici
2 - ça aurait été bien trop simple.

Non non, c'est une des machines du Fablab de Crest,
avec un laser dedans, qui s'est chargé de graver la plaque,
devant nos yeux ébahis et larmoyant (à cause de l'odeur de lino fondu).

Ensuite, c'est la routine, j'ai imprimé un morceau de papier bulle
pour réaliser la trame jaune, puis superposé le lino en un deuxième passage,
avant le troisième passage pour le texte en caractères bois et plomb.

Le tout n'existe qu'en une centaine d'exemplaires
parce q'on n'a pas vraiment besoin d'en faire plus,
et ce qui n'aura pas été affiché près de chez vous
sera en vente pendant les 2 jours,
dont voici le
programme :

Wrecto

Wverso

01 février 2016

Des nouvelles d'Ouscrapie

- Professor Draw-Draw, que pensez-vous des gens qui n'ont
pas encore souscrit à

l'Encyclépodie d'Ouscrapie
(saison alchimistrative Ga)


en février, en sachant qu'ils avaient tort de ne pas l'avoir fait en janvier ?

- Hé bien, hum hum, mon ami, comment vous dire, je pense qu'ils ont tort,
bien évidemment. Et cela pour une raison simple....

- Parce que la couverture sérigraphiée est très belle ?
Et qu'il n'existera que 1 000 exemplaires numérotés
de cette curiosité graphico-poétique ?

 

couv-ouscrapeweb

 

 

-Oui, hum, bien sur, mais c'est surtout que...

- Qu'on y trouve des images à la fois surprenantes, décalées et pleines de sens ?!

- Oui, mais surtout...

- Je veux dire, comme celles-ci :

bricolarge-1web

Bricolarge : Art de naviguer en rêveur... en dérivant avec vigueur

 

 

BRICOLARGE :

Art de naviguer en rêveur
... en dérivant avec vigueur.

 

 

 

 

- oui, certainement, mais si vous me laissiez-en placer une,
je pourrais vous dire qu'il vaut mieux souscrire maintenant
parce que vous-y gagnez de l'argent, cette chose vulgaire
mais nécessaire.

- Vous voulez dire que si les gens commande l'Encyclépodie aujourd'hui,
les frais de ports sont offerts, et qu'ils ne payeront
que 20 € pour recevoir l'ouvrage "at home" ?!

- C'est exaqueteu. Et s'ils pensent pouvoir venir le chercher lors du grand
ouiquenne festif du 1er avril au Quai de Pont-de-Barret, il ne leur en
coûtera que 15 €, au lieu de 20 €. Quand on y pense, c'est dingue...

- Merci professeur. J'imagine qu'il suffit de télécharger le bon de souscription
en cliquant sur le lien, juste à la ligne d'en dessous ?

- C'est ça. Et pour nos ami(e)s d'ailleurs et de Belgique, par exemple, il suffit
de nous demander nos coordonnées banquaires, et l'affaire est dans le sac...

 

souscription 

4eme-couv-ouscrapeweb

13 janvier 2016

Tu veux des vœux ?

"Je souhaite 2016 très belles années à venir,
ça peut toujours servir,
à toutes celles, tous ceux
qui guettent de leurs yeux
mes gravures
& les bétises de Namur"

 

Professor Draw-Draw
1er prix de Poésie
aussi

 

vous-souhaite

grand-2016

20

16

2016-bonnes-annees

 

recto

 

Et bien sur, on oublie pas
qu'il est encore temps de souscrire
pour l'Encyclépodie d'Ouscrapie
ICI
très beau livre à la couverture en sérigraphie,
dont le jour de sorti, mais oui
sera le 1er avril,
comme le temps file...

18 décembre 2015

souscription_Ouscrape

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30 novembre 2015

Entre les yeux

Souvenez-vous.
Voici peut-être un an de ça,
les studios De Namur
vous présentaient, en exclusivité,
leur nouvelle production issue de longues
recherches, historiques & scientifiques :

"La Boulette de Namur".

A cette occasion, nous avions longuement discouru
au sujet de l'apparition du papier en Europe occidentale
et plus spécifiquement en Belgique,
et encore plus précisément à Namur,
ville dont certaines édiles avaient décidés de construire
leurs quartiers en papier mâché, ainsi qu'un splendide
bâtiment plus tard plagié sous une forme plus moderne :
Le Boulétium de Namur (voir fig.1).

Les conséquences inévitables d'une présence massive
de pâte à papier dans votre quartier sont :
une humidité très conséquente, ce qui, en Belgique,
n'effraie personne, mais, plus enquiquinant,
 une présence très importante
d'insectes nuisibles en tout genre, et particulièrement
des moustiques.

C'est donc pourquoi
les savants de Namur ont très vite été sollicités afin de trouver
une solution à ce piquant problème.

A l'époque dont nous parlons (1312) la chimie était matière
réservée à quelques alchimistes à chapeaux pointus turlututu,
et leurs recettes tenaient plus de la magie foireuse (de foire)
que de la science proprement dite.

Non, les vrais savant savaient, eux, que tout devait
se faire à la main.

Mesdames & messieurs,
les éditions Draw-Draw, en associations avec
les plus grands esprits de cette splendide citée d'outre-Quiévrain
ont le plaisir de vous présenter leur nouveau best seller :

"L'INSECTICIDE DE NAMUR"

Voyez plutôt :

2-boites-fermees

2 couleurs au choix, pour le plaisir des yeux
TADAAAAAAAAM !

2boitesouvertes

simple, redoutablement efficace, l'anti-moustique de Namur
présente un autre avantage : il procure des heures d'amusements
aux insomniaques

compo-ouvertcompo-ouvert02

 

munitions

Les munitions phosphorescentes,
pour une efficacité nocturne optimale :
ça c'est du sport !

merci

La notice , pour ceux que ça pourrait intéresser, a été composée en caractère
gothique (le Fractur utilisé pour les titres de journaux comme Le Monde ou
le New-York Times) de corps 10, et du Vendôme de corps 8, le tout imprimé
à la main sur un papier japonais de 40g., ce qui ne fait pas bien lourd.

mode-demploi

Comme d'habitude, plusieurs cerveaux ont étés mis à contribution
pour aboutir à ce résultat, heu, de Namur.
Les boîtes ont certainement étés façonnées par des prisonniers
américains, mais pour le reste, tout est très local, très bio, très typo.

posologiesaviez-vous

 

Cet article révolutionnaire, ainsi que les autres inventions De Namur
seront présentées au fameux G.M.O.U du Quai  de Pont-de-Barret,
ces samedi 05 & dimanche 06 décembre 2015.

Renseignez-vous !

Un grand merci à toutes les petites mains qui nous ont aidé
à donner forme à ce projet scientifique. Sans elles, vos nuits
seraient moins passionnantes.

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14 novembre 2015

nez ve breux nom au GMOU

Haaa, l'hiver, ses doigts gourds et ses petits petons piteux,
sa blancheur givrée et ses batteries à plat, bon, l'hiver est
bientôt de la partie, et c'est donc une bonne raison de venir
au GMOU (grand Magasin d'Objets Uniques mais au pluriel)
dont voici l'affiche et son making-off, attation les yeux :

gmou-orange

texte-typo-gmou

gmou-orange et texte

plaque-vert

gmou-orange-vert-typo

plaque-bleu

gmou-final

 

Affiche imaginée et gravée sur linoléum par Tezzer, imprimée et composée
par Quentin "Draw-Draw" Préaud sur les presses typographiques du Quai
de Pont-de-Barret en plus ou moins 100 exemplaires...
A suivre plus d'infos sur le contenu du GMOU !

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30 septembre 2015

Quel sons au-dessus de Saoû ?

Les plus fidèles à ce blog, ou les plus têtes en l'air,
ou les plus ornithologues d'entre vous se souviendront
peut-être de l'ouvrage paru à l'été 2014 :
"Les bruits du ciel de Pont-de-Barret".

L'un des principaux retours sur cette "carte-son"
était qu'elle manquait, justement, de son.
Comme notre service clientèle est l'un des
plus performant*, nous avons pris en compte
ces réclamations.

Cette nouvelle édition, dédiée aux bruits du ciel de Saoû
contient une carte détaillée, certes, mais pas seulement.
Grâce à notre ami Fernand Deroussen, audio-naturaliste réputé,
cette nouvelle édition contient un Cd.

La preuve en images :

couv-pdb-et-saou-fermes

Nos deux volumes. Le titre, d'abord composé en caractère Egizio,
est aujourd'hui réalisé en Chestenham, plus gras.

couv-pdb-et-saou-ouvertes

Ailes déployées...

couvferme

dos

couv-ouverte-ext

ouvert-interieur

Ouvrez ouvrez, la cage au CD...

carte-ouverte-et-couv

texte-cd-detail

Etonnant, non ?

texte-dos


Ca en fait, du monde !

detail-carte

detail-carte-2

"Les bruits du ciel de Saoû"
carte du village de Saoû repertoriant
les oiseaux qui y chantent, accompagnée d'un CD audio,
contenus dans un coffret typographique en carton recyclé 400 g.
Composition & impression typographique manuelle.
illustration réalisée en linogravure.

Si vous avez déjà le premier volume,
pensez au look de votre bibliothèque lorsque 
vous en aurez deux.

Si vous habitez en ville,
pensez au moment ou, décontracté,
vous écouterez les chants des oiseaux pendant que vos voisins
s'entretuent.

 

Vous pouvez passer commande à cette adresse :
drawdraw@outlook.fr,
le premier volume, il en reste quelques-uns,
coûte 5 euros, le second, à cause du cd,
vaut 12 euros, 15 euros avec les frais de ports.

 

 

*d'après un sondage réalisé auprès de nos clients satisfaits